Samus est de retour ! Cela faisait un moment que nous attendions ce dernier chapitre. Celui qui clôturera l'aventure de Metroid. Pour ce bouquet final, Nintendo a mis les petits plats dans les grands pour nous offrir un opus épique de ce mélange réussi entre FPS et jeu d'aventure. Cette année de retard valait le coup !

Une ambiance unique
Si certains reprochent à la Wii son manque de puissance, Metroid prouve sans problème que la petite console de Nintendo a de la ressource. Affichant fièrement 60 images par secondes, le jeu est à la fois fluide et nerveux tout en tournant en 16/9 et 480p.
Retro Studios n'a, de plus, absolument pas sacrifié le graphisme au profit du divin framerate, qui lui, reste stable quoiqu'il arrive. Les décors sont incroyablement riches et détaillés, les jeux de lumières magnifiques. Par exemple, de simples couloirs se révèlent être des merveilles architecturales, enchevêtrements de pièces métalliques en tout genre ou assemblements organiques. Vous êtes ici en présence du plus beau jeu sur Wii ! Même chose pour les ennemis, dont les corps offrent de nombreux petits détails donnant une âme à l'ensemble. L'ennui et la sensation de déjà vu n'existent pas durant la partie. Du graphisme au game design, tout a été pensé pour éviter la répétition.
Toutefois, il y a un prix à payer... En effet, certains temps de chargements entre 2 zones peuvent se révéler un peu énervant (jusqu'à 15 secondes), surtout si on est pressé ou que l'on veut fuir. L'action n'en pâtit pas trop, heureusement, mais les aller-retours peuvent être un vrai calvaire si on décide de trouver tous les bonus.

Revenons l'espace de quelques lignes sur la lumière. Sa gestion est l'une des meilleures que l'on ait pu voir chez Nintendo et n'a pas à rougir de la concurrence next-gen. Intelligemment exploitée, vos munitions ainsi que le décor peuvent rayonner. Le feu luit et diffuse sa lumière de manière réaliste, tout comme la glace. Il n'y a rien à dire, un travail énorme a été accompli pour sortir le meilleur de la Wii.
Pour renforcer une ambiance déjà bien maîtrisée, la bande son de Kenji Yamamoto suit le rythme du jeu, allant d'un quasi silence à un rythme presque frénétique. Tout est fait pour que l'immersion soit la plus complète possible.
Metroid est un ensemble artistiquement cohérant frôlant la perfection, nous prouvant que la puissance d'une console n'est pas une composante essentielle pour créer un beau et grand jeu.
"Stop the unstoppable Dark Samus"
Tout le monde pressentait la wiimote comme étant le meilleur outil sur console pour appréhender un FPS. et ce, depuis longtemps. Si nous avions déjà vu ses capacités à travers quelques titres, Metroid ne fait que le confirmer. Première nouveauté, et non la moindre, Samus démarre l'aventure armée comme Rambo et dans les premières minutes de jeu, l'arsenal se complète rapidement.
Le système de contrôle permet une liberté comparable à la souris. Vous pouvez facilement tourner dans tous les sens avec une excellente précision. Les combats deviennent d'ailleurs beaucoup plus nerveux mais également plus faciles, car vous pouvez décider de locker un ennemi ou alors tirer absolument partout. Seul petit bémol, il est parfois difficile de faire plusieurs actions rapidement et jongler entre les armes/capacités demande de l'entraînement. Ceci est partiellement dû à la forme de télécommande de la wiimote mais aussi au manque de boutons.
Autre élément important et inhérent à la série: le scanner ! Celui-ci vous permettra comme d'habitude d'avancer et de résoudre des énigmes. Il détectera également des bonus allant du boost d'énergie aux artworks, en passant par le déblocage d'un morceau de l'OST. Les différents filtres ont tous une utilité et sont extrêmement bien exploités dans le gameplay. Quand vous êtes coincé, pensez toujours à scanner la salle qui vous semble la plus louche ! C'est en général là que se trouvera la clé de votre progression.
Associée au scanner, la transformation en boule (morphball) de Samus est un atout qu'il ne faudra pas oublier. Elle vous permettra d'échapper à des ennemis ou encore de vous glisser dans de petits tunnels étroits qui débouchent, par exemple, sur des raccourcis ou des bonus non négligeables. En gros, vous l'aurez compris, comme dans les précédents opus, observer avant d'agir est une nécessité.
Et bien sûr contrairement aux nombreux FPS décérébrés qui sortent sur le marché, Metroid marque ici de nouveaux points. Des énigmes qui ne se résolvent pas d'un simple pressage de boutons, il y en a un gros paquet ! Il vous faudra réfléchir et anticiper certaines actions pour résoudre tous les puzzles qui s'offrent à vous.
C'est exactement la même chose pour les boss. Les attaquer sauvagement tête baissée n'est pas franchement une bonne idée et vous devrez composer avec les nombreuses capacités de Samus ainsi que ses armes. Ces combats sont tout simplement épiques. Il faudra parfois sacrifier de l'énergie pour arriver à vos fins, tirer à travers les murs pour se faciliter la tâche, etc.
Les habitués de la série ne seront donc pas perdus. Le gameplay a évolué tout logiquement, sans changements radicaux mais innove suffisamment pour réserver de bien belles surprises. La corruption, à travers le Phazon dont est victime Samus lui apportera de nouvelles capacités (le "Hyper mode"), toutes plus destructrices les unes que les autres mais la mettant en danger, l'abus pouvant la tuer. Et là, inutile d'en dire plus, ce serait en dire trop !

Conclusion
Metroid est le meilleur jeu sur Wii et l'un des meilleurs FPS du moment toute plateforme confondue. Il est comparable à Bioshock et comme ce dernier, il dégage une ambiance particulière, possède un système de jeu efficace et sera une grande expérience vidéoludique. Jamais une console n'aura livré un gameplay aussi proche du PC en terme de précision et de nervosité pour ce type de jeu.
À travers la trentaine d'heures qu'offre le titre, vous pourrez débloquer de nombreux bonus à travers une foule d'actions (tuer un boss, tuer X créatures, scanner tels objets, trouver tels objets, etc). Le rythme de jeu est parfaitement maîtrisé. On n'a pas le temps d'être lassé de tuer tout ce qui bouge, qu'une énigme vient casser notre routine.
Les petits défauts qui viennent agacer (temps de chargements de zone trop longs, enchaînements d'actions pas toujours faciles) sont très vite oubliés par toutes les qualités du titre. Metroid Prime 3: Corruption n'est pas un "autre" Metroid comme j'ai malheureusement pu le lire... Il est LE Metroid. Celui qui ravira les fans de la série et s'en créera de nouveaux. Ceux n'ayant pas aimé les 2 autres opus risquent d'ailleurs de se laisser séduire par celui-ci...
Mario. Le blockbuster en puissance est de retour sur Wii. Ses détracteurs l'attendaient fébrilement depuis plus d'un an et le voilà enfin ! Super Mario Galaxy sera-t-il à la hauteur sur Wii ? Sera-t-il orienté grand public et les vieux fans auront-il des défis à relever ? L'ambassadeur du jeu de plate-forme devait répondre à de nombreuses questions et n'avait pas droit à l'erreur pour son entrée en scène. Les promesses sont-elles tenues ?

Tout d'abord, nous ne nous attarderons pas sur 2 choses... La première, le multi-joueur. Espèce de gadget où le deuxième joueur est réduit à un curseur de wiimote donnant des coups de main à Mario afin de lui faciliter la tâche. Anecdotique et amusant 5 minutes. La seconde, le scénario. Le vilain Bowser a (encore) enlevé la Princesse Peach en embarquant, cette fois-ci, la princesse, son château et son terrain sous les yeux effarés de Mario et des Toads qui s'apprêtaient à faire la fête. C'est bien conventionnel, c'est bien Mario et c'est tant mieux ! Maintenant nous pouvons parler du jeu...
De la couleur et du bonheur...
Après une introduction explosive et le show d'un Bowser encore plus méchant et puissant qu'auparavant, Mario se révèle être une merveille graphique sur Wii. En effet, tout y est chaleureux et incroyablement détaillé. Mario n'a tout simplement jamais été aussi beau. Les ennemis sont soignés et nombreux, les décors sont vraiment variés et chaque planète (qui se révèle être un tableau) à son propre charme et un design qui lui est propre. Les boss, que ce soit les apparitions de Bowser ou tous les autres sont impressionnants et ont bénéficié du même traitement. Un soucis du détail sans égal.
Et oui... Metroid se voit ici techniquement dépassé par Mario. Pas de beaucoup, mais quand même ! Le jeu ne ralentit jamais, qu'il soit en 480p ou non et rien n'a été laissé au hasard. Certains boss prendront pratiquement la moitié de votre écran, si ce n'est plus. Les jeux de lumière, déjà réussis sur Metroid sont ici... encore meilleurs. Que ce soit Mario, un personnage secondaire ou tout autre élément du jeu, le soin offert à chaque petite chose est le même afin d'obtenir une homogénéité de l'excellence. On va d'ailleurs espérer que les éditeurs tiers en prennent de la graine et arrêtent de distribuer de simples portages PS2 parce que la Wii peut faire bien mieux.
Le concept de tableaux choisi par Nintendo pour SMG renoue avec le oldschool du jeu de plate-forme. Chaque planète est plutôt petite et il arrive souvent qu'on en fasse le tour en quelques minutes (enfin... si il n'y avait pas autant d'obstacles). Les tableaux possèdent leur petit truc original et si, au début, tout est facile, l'affaire se corse rapidement. À terme, avoir la tête en bas sera le cadet de nos soucis. Les situations dans lesquelles nous nous trouvons sont tellement nombreuses que le jeu se renouvelle constamment. La gravité n'est qu'une trouvaille parmi une myriade d'autres.
La version nord américaine testée était localisée en...québécois, comme The Legend of Zelda : Phantom Hourglass, ce qui surprend. On présumera donc que la version française sera un peu différente. En tout cas, l'exercice sera apprécié par les Canadiens français car ce sont ici les premières expériences de localisation francophone en Amérique du nord pour Nintendo.
Musicalement, les nostalgiques ne seront pas déçus et certains classiques reviendront remixés. Les différents morceaux qui composent le titre sont aussi variés que les planètes sur lesquelles nous allons ! Le tout est plutôt enjoué et motivant comme nous pouvions nous y attendre. Encore un bon point pour SMG qui ne lésine pas sur les moyens pour nous convaincre.
Techniquement parlant, la Wii est parfaitement maîtrisée par Nintendo qui affiche ici sa plus belle réalisation. Ce qui fait une transition idéale vers le gameplay qui, lui, force également le respect !
Docteur Es Gameplay
Titre que l'on peut décerner immédiatement à Nintendo pour son travail durant toutes ces années. Et quand on voit SMG en action, personne ne s'est endormi sur ses lauriers. On voulait de l'originalité et du renouveau. Nous avons été écouté !
Comme dit plus haut, le jeu est découpé à l'ancienne, c'est-à-dire par tableau. Ceci a permis au studio de jouer sur de nombreux concepts. Vous devrez apprendre à maîtriser Mario la tête en bas... Certaines planètes seront donc, "renversantes" alors que d'autres vous feront monter de plate-forme en plate-forme comme dans le bon vieux temps. La caméra, quant à elle, a parfois du mal à se recentrer sur Mario. Nintendo a eu l'intelligence d'intégrer un mode manuel afin de la replacer selon notre bon vouloir et ainsi combler les faiblesses du système. Du coup, ce n'est plus qu'un détail.
Les contrôles sont loin d'être en reste. Ici la wiimote est exploitée à son plein potentiel. Tout d'abord, le pointeur permet de récupérer des éclats d'étoiles et de les balancer ensuite sur les ennemis grâce à la gâchette, alors qu'un coup sec vous permet de faire la toupie et d'envoyer valser tous ceux qui s'approche d'un peu trop prêt. D'ailleurs, il faut faire très attention au timing puisque la moindre erreur vous coûtera 1 point sur les 3 que vous avez. Courir derrière les pièces pour récupérer de l'énergie sera monnaie courante.
Mais ce n'est pas tout ! Les sauts utiliseront également la wiimote pour apporter une nouvelle dimension au gameplay. Sauter d'un point à un autre ne se fera pas forcément par la simple pression d'un bouton mais devra souvent être accompagné d'une action à la wiimote, rendant les situations plus tendues. C'est ici la coordination des mouvements qui est mise en avant. Leur détection est assez exceptionnelle et par exemple, le surf sur le dos d'une raie nécessite pas mal de pratique pour être parfaitement maîtrisé. On se surprend à bouger tout le corps dans l'espoir d'éviter une chute, le coeur bat la chamade et l'on n'est pas très long à commencer à transpirer sérieusement. Toutes ces sensations, force de ce type de jeu, sont ici démultipliées par la richesse apportée par la wiimote.
Par contre, si l'on stresse lors d'actions nécessitant précision et coordination, on n'est pas franchement inquiété par la mort. Il y a tellement de vies à trouver et simples à obtenir que ce n'est pas là que réside la difficulté. Nintendo n'a tout de même pas oublié ses fans. En effet, finir casi parfaitement le jeu a pris exactement 27h35 alors que suivre l'aventure et obtenir le minimum pour ouvrir le dernier niveau (60 étoiles) n'a pris que 14h20. Certains challenges sont tout bonnement énormes à relever avec des passages qui exigeront réflexion et méthode comme par exemple, la nécessité de trouver un chemin logique pour attraper tous les bonus sur une planète qui s'autodétruira tranquillement à chacun de vos pas, vous empêchant de revenir en arrière.
On pourrait écrire des pages entières sur les innovations qu'à apporter Nintendo à ce nouveau Mario mais ce serait vous gâcher le plaisir. Dites-vous juste, que vous n'avez pas fini d'en faire le tour et que c'est au moment où vous pensez avoir tout vu que l'on vous sort un nouveau truc qui laisse admiratif devant toute l'ingéniosité déployée pour vous amuser.
Conclusion
Que reprocher à Super Mario Galaxy ? Objectivement... rien d'important pouvant gâcher le plaisir de jouer. Le titre phare de Nintendo se révèle être la bombe qu'il devait être. Ce n'est une caméra un peu agace par moment qui pourrait faire dire le contraire. Nintendo a su créer un jeu grand public (grâce à la multiplication des vies un peu partout) que les hardcore gamers pourront s'amuser à retourner en terminant parfaitement les tableaux.
Offrant la meilleure prestation graphique sur Wii et un gameplay frôlant la perfection, on ne peut que saluer la performance et espérer un plus grand nombre de jeux de même qualité pour 2008. Cet opus n'est pas qu'un blockbuster ou qu'un system seller. Non, il marque ici la naissance d'un nouveau titre culte dans la ludothèque de Nintendo. Qui aurait pu imaginer que le jeu de plate-forme pouvait encore nous étonner en 2007 ? Apparemment, avec Nintendo aux commandes, on n'est loin d'en avoir fait le tour !
La durée de vie n'est pas en reste et tout le monde y trouvera son compte. Celui qui voudra terminer parfaitement le titre y passera un bon moment. Le plaisir est tel que la rejouabilité est au rendez-vous. On s'aperçoit rapidement qu'on a raté un petit truc quelque part ou qu'une technique est peut être meilleure qu'une autre pour passer une planète.
Tout possesseur de Wii doit avoir SMG, rangé tout près de Metroid et de Zelda. En 1 année, Nintendo aura réussi 3 challenges dans 3 catégories différentes en créant 3 titres d'exception. Joli score ! Mario s'en tire une fois de plus avec tous les honneurs qui lui sont dûs et rejoint le panthéon des must have Wii de cette fin d'année. À quand... une suite ?